DOULEUR Post-opératoire

Rédaction Dr MP Mirous, Avril 2020

La Prise en charge de la douleur post-opératoire et péri opératoire est capitale lors de tout acte chirurgical et conditionne ses résultats fonctionnels.


Dès la phase de programmation de votre chirurgie, une ordonnance vous sera délivrée en fonction de vos antécédents. Veillez à vous procurer les anti-douleurs avant votre retour à domicile.


L'objectif est d'éviter qu'une Douleur Aigue ne se transforme en Douleur Chronique.




Conseils et Informations en Post-opératoire Immédiat


NE LAISSER PAS S'INSTALLER LA DOULEUR: Objectif de douleur nulle ou très faible

Si vous avez eu une Anesthésie loco-régionale ( bloc axillaire, bloc interscalénique, bloc sciatique), ces anesthésies en fonction du produit utilisé peuvent durer entre 3H à 24H, renseignez vous sur la durée du bloc prévue pour anticiper la prise d'antidouleur avant la levée de celui-ci.

Il existe 3 types d'antalgiques selon la classification de l'OMS :
Palier 1 (douleur faible intensité) : antalgiques non morphiniques à action périphérique  (paracétamol)
Palier 2 (douleur modérée) : antalgiques morphiniques faibles à action centrale (anti inflammatoires, codéine, tramadol)

Palier 3 (douleur intense) : Morphiniques à action centrale (actiskénan, oromorph...)

Sachez prendre graduellement les antalgiques en fonction de votre douleur, les associations sont possibles à condition de ne pas dépasser les posologies journalières prescrites.

Si  vous avez été opéré(e) d'une main, poignet, ou jambe, cheville et pied, sachez surélever le membre opéré pour lutter contre l'oedème, bouger les doigts ou orteils pour activer la circulation, et le glaçage peut vous soulager .

Respecter l'immobilisation (attelle, chaussure spéciale), si celle ci a été prescrite.

Limiter vos activités, c'est le temps du repos, la chirurgie constitue une agression pour votre organisme, il faut le laisser se régénérer



Identifier et Définir son Type de Douleur

En vue de votre entretien avec votre médecin, il s'agit d'évaluer l'intensité de votre douleur ( EVA Echelle Visuelle Analogique 0 à 10), l'horaire de votre douleur ( Matin ou soir, toute la journée), votre consommation d'anti douleurs et le Type de Douleur.

Il est possible de présenter plusieurs types de manière concommittante.

Il existe 3 types de douleur:

  • Douleur Nociceptive Périphérique : causée par l'inflammation ou les dommages mécaniques sur les tissus
  • Douleur Neuropathique  ou neurogène: causée par des lésions ou irritation des nerfs périphériques, souvent avec des irradiations, de type décharge électrique, fourmillement
  • Douleur Nociplastique ou centralisée: causée par un dysfonctionnement du traitement de la douleur par le système nerveux central qui produit une hyperalgésie (douleur amplifiée) , avec allodynie (douleur déclenchée par des stimuli non douloureux) diffuse.



Syndrome Loco Régional Complexe de type 1 (SDRC1), ou Algoneurodystrophie

C'est une complication fréquente de la chirurgie ou plus largement de tout traumatisme corporel.

Son incidence est d'environ 15%.

Le SDRC est une pathologie non grave d'évolution favorable dont la durée est difficile à prévoir . 

Elle est liée à un dysfonctionnement du système neurologique de la douleur (système amplificateur: excès de nociception) sans lien direct avec le geste chirurgical ou la prise en charge du traumatisme initial.

 Plusieurs symptômes peuvent potentiellement être présents. 

La douleur et la réduction de la mobilité articulaire sont fréquentes. D'autres symptômes peuvent y être associés : gonflements, fourmillements (paresthésies), température anormale de la zone douloureuse, sudation... Ces symptômes peuvent entraîner des répercussions sur le sommeil, l'humeur, la concentration... L'intensité des symptômes peut nécessiter une prise en charge médicale, paramédicale et psychologique.

 L'immobilisation est à proscrire, c'est un facteur aggravant de la pathologie. 

Il est important de continuer à mobiliser l'articulation atteinte afin de stimuler le drainage et d'entretenir la mobilité.

 Concernant l'imagerie et les examens complémentaires : ils ne sont pas toujours nécessaires, et sont à discuter avec votre médecin, l'examen qui pose le diagnostic reste une scintigraphie corps entier.

Concernant la prise en charge:

Kinésithérapie: La douleur peut être provoquée ou augmentée par les soins de mobilisations. Elle doit rester supportable et ne pas durer au‑delà de quelques heures après le travail articulaire. Cette douleur doit être prise en charge pour poursuivre le travail rééducatif.

Si les douleurs se modifient, il faut en parler avec les soignants afin que le traitement soit réévalué : La prise en charge médicamenteuse comprend des médicaments antalgiques « classiques » et/ou des médicaments habituellement prescrits dans d'autres pathologies, mais ayant aussi une action antalgique (par exemple : antidépresseurs, neuroleptiques) . Un traitement par Vitaminithérapie C 500mg par jour 45 jours sera installé.

La prise en charge non médicamenteuse est indispensable:  plusieurs techniques peuvent être proposées (Acupuncture, thermalisme, techniques psychocorporelles, neurostimulation transcutanée TENS).

Un avis auprès d'une consultation spécialisée de la douleur peut être demandé dans des centres référents de la région, pour un accès à des techniques innovantes, blocs péripheriques (ganglion stellaire), cathéter périnerveux, patch.